Introduction
Selon
les périodes et les civilisations, le corps a été considéré comme une source
de santé et d’équilibre ou au contraire ignoré, au profit du développement
de l’esprit ou de l’âme. Au cours du 20ème siècle, le corps a
repris de l’importance dans l’épanouissement de l’individu. Ainsi, les
pratiques sportives se sont considérablement développées et des produits
liés au bien-être corporel ont très vite inondé le marché.
La
danse est à inscrire dans ces pratiques en tant que réalisation d’ensemble
de mouvements corporels volontaires et rythmés, le plus souvent par la
musique, phénomène très ancien, présent dans toutes les civilisations. Elle
est aussi associée à la fête et au divertissement. Elle facilite le partage,
la convivialité, la communication. Elle est devenue sans conteste une forme
d’art à part entière, sorte de raffinement et d’esthétique.
Mais,
en général, elle se pratique dans des écoles de danses où il faut un bon
bagage de danseur, ou bien il faut être en bonne santé mentale et
corporelle, jeune, « athlétique », socialement favorisé, avoir une
psychomotricité adéquate, une bonne concentration, et encore bien d’autres
caractéristiques qui excluent des cours de danse bon nombre de personnes. De
plus, cela exclue toutes les personnes qui ne savent pas se déplacer
facilement pour aller assister à un cours de danse à l’instar de celles qui
sont en milieu institutionnel quelqu’il soit.
Or, la
danse est accessible à tous ! Tout le monde peut danser, y trouver du
plaisir et un moyen de développement personnel.
Projet : Danser Bouger Oser…
Souhaitant éviter cette
exclusion et ce cloisonnement des cours de danse destinés presque uniquement
à ce stéréotype de personnes « saines, jeunes et en bonne santé physique et
mentale », j’ai voulu créer des ateliers comme :
v
Lieu de découverte
de la danse, du mouvement et de la richesse du corps.
v
Lieu d'expression
corporelle et d'expression de soi
v
Lieu de
non-exclusion et d’ouverture vers l’autre dans la richesse de sa différence,
quelle qu’elle soit (mentale, corporelle, culturelle, etc.…).
v
Lieu de remise de
droit : « tout le monde a le droit de danser et d’avoir des cours de
danse ».
v
Lieu de plaisir,
de convivialité et de divertissement.
v
Lieu de
développement personnel et d’épanouissement.
Objectifs spécifiques : Pourquoi de la danse ?
En effet, quels seraient
les apports de la danse et quelles sont ces indications dans un milieu
institutionnel quel qu’il soit ?
Voici une liste
non-exhaustive de ces apports et indications :
· Humaniser
l’institution parfois mal vécue par le résident[1]
.(Dans le sens d’apporter le monde extérieur dans l’institution parfois plus
fermée. Ex : l’institution hospitalière.)
· Faire
que la personne se sente davantage chez elle dans cette institution en y
pratiquant une activité qu’elle aurait choisie et qu’elle n’a pas la
possibilité de pratiquer facilement ailleurs.
· Faire
entrer la culture dans les lieux de l’institution (danse africaine, danse
orientale, danse funk- hip-hop)[2].
· Développer
la communication entre le résident et les autres résidents, entre le
résident et le professeur de danse, entre le résident et l’équipe
institutionnelle.
· Stimuler
l’imaginaire dans un monde parfois rationnel de l’institution et de la vie
de la personne en incitant la distraction, en favorisant l’évasion. (Par ex,
dans les lieux de soins, des ateliers de danse et l’organisation de petits
spectacles peuvent apporter des moments de rupture avec le monde
institutionnel).
· Développer
la qualité de vie des résidents et de l’équipe institutionnelle par
l’introduction d’activités autres que les activités propres à l’institution.
· Maintenir
et/ou développer un moyen d’éveil du corps, des sens.
· Si
c’est nécessaire, prévenir la perte de perception du corps, la perte
d’équilibre, la perte de souplesse, des capacités de déplacements, la perte
des repères de temps et d’espace.
· Favoriser
la socialisation, la relation, le maintien de l’estime de soi, de
l’altérité.
· Prévention
de l’exclusion, maintien de la place au sein de la société et du groupe.
· Eduquer
ou rééduquer la motricité (par ex, en fonction d’un handicap éventuel d’une
personne, le danseur va trouver les moyens adaptés, le rythme pour une
rééducation du mouvement d’un membre, du corps dans le mouvement), les
repères dans l’espace par les déplacements, les changements d’orientation
spatiale, la souplesse, l’équilibre, le contrôle du souffle, du rythme
cardiaque.
· Gestion
du stress : la danse peut accompagner des moments de détente pour aider la
personne à lever des états d’anxiété, d’angoisse.
· Travail
sur les émotions, l’expression de la souffrance morale par une médiation
favorisée dans des ateliers de danse et d’expression corporelle libres.
· Réappropriation
du corps après un traumatisme, après des violences.
· Développement
de la concentration, de l’attention, de la créativité.
Formation
Le fait
de pouvoir être professeur de danse tout en ayant les capacités
d’adaptation, de communication et d’écoute d’un psychologue sont autant
d’atouts pour pouvoir travailler avec qualité auprès d’un large public. Le
but est de donner des cours de danse mais avec cet œil et ce bagage humain
et empathique, tout en sachant s’adapter aux différentes caractéristiques du
public institutionnel.
Mon but
est de tenter de donner des cours de danse aux personnes dans les
institutions comme ils en auraient dans les écoles de danse. Etant donné
que chaque public a ses forces et ses propres capacités, mon leitmotiv
principal est l’adaptation. Chaque cours de danse sera décliné et organisé
en fonction des particularités et des individualités de chacune des
institutions.
Ainsi,
un cours de danse pour une institution ne sera pas le même pour une autre.
Et tant mieux ! Par exemple, des personnes psychotiques ne pourront pas
suivre le même cours que des jeunes défavorisés, ou que des enfants en
traitements à l’hôpital. Mais à chaque fois, il existe un projet
personnalisé pour chacun à définir avec les résidents et l’institution
elle-même.
Toutefois, malgré les différences interindividuelles, les fondements d’un
cours de danse seront toujours les mêmes :
v
Musiques actuelles et diversifiées.
v
Musiques du monde
v
Apprentissages de mouvements.
v
Apprentissage corps – espace – temps – créativité personnelle.
v
Travail du corps soutenu par une technique , c’est-à-dire un savoir
transmissible fait de gestes et de figures spatiales ayant une visée
organisatrice.
v
Moment de plaisir, de détente pour soi, d’épanouissement.
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